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lundi 4 février 2008

- Une famille de mon village: Conclusion




Après l'écriture et la lecture de cette histoire sociale, "une famille de mon village" que je vienne d'exposer en une introduction, trente épisodes et la présente conclusion, je tiens toujours à dire qu'elle est de la pure imagination. Toute ressemblance avec des faits réels ou des personnes aussi réelles n'est que de la fiction, de l'invention irréelle et de la coïncidence fortuite des circonstances.

Le principal, est-il légitime de poser la question suivante:

- Sommes-nous parvenus à notre objectif, qui a tenu au début, à illustrer un modèle de changement social à travers la vie quotidienne d'une famille traditionnelle dont sa dernière génération a pu atteindre la modernité avec ses innovations positives?

Essayons au moins de voir, à travers les trente épisodes exposés, la présence des facteurs et conditions du changement social, déjà cités à l'introduction.

Disons, que la population du village a connu une expansion démographique due à l'immigration interne de campagnards qui fuient la pauvreté ou de grands commerçants éveillés par la recherche du capital. En plus, le développement du secteur médical au sein du village par ces médecins et ses cliniques a favorisé cette explosion démographique en diminuant la mortalité et en augmentant le facteur de la fécondité.

En plus, le site du village a été très favorable à l'apparition d'une forte infrastructure économique, touristique et industrielle.

D'ailleurs, en ce qui concerne le secteur touristique, plusieurs projets ont vu le jour. On a construit et inauguré des complexes touristiques, de grands hôtels, des motels, des restaurants et autres constructions à des fins touristiques. La tâche de chaque entité a été concrétisée par l'offre aux touristes, internes ou étrangers, des services de haute qualité.

Sur le plan industriel, il y a l'implantation au village d'une industrie de transformation dont l'usine de textile de Hadj Abdallah n'est qu'un exemple. Ces moyens de production ont attiré une main-d'oeuvre importante spécialisée qui a été aussi soumise indirectement à ce changement social.

Avec cet amalgame socio-économique, les valeurs culturelles de la population villageoise ont changé aussi. Les gens commencent a délaissé certains rites, hérités des ancêtres, pendant les fêtes. De même, le modèle de valeurs culturelles importées de l'Occident a été attrayant et a eu son effet sur les villageois.

D'autre part, n'oublions pas que le politique a joué son rôle aussi et a réussi à propager au public villageois ses idéologies. C'est ainsi que des associations de personnes se sont constituées en vue de création d'actions politiques, ce qui a généré l'instauration de sections relevant de grands partis politique

Comme, le village a connu des conflits et aussi des contradictions engendrés par l'apparition de dérapages sous forme de déviations écartant de ce qui est normal et habituel vers ce qui est exclu par la société, de dualités entre le traditionnel et le moderne, de crimes dont le modèle est nouveau et de spéculation sur tout ce qui est commercial.

Enfin, pourrions-nous conclure en affirmant que le changement social a transformé la famille traditionnelle et étendue du village imaginé en une drôle de famille nucléaire qui n'a aucun lien avec la modernité. Car ce concept de modernité, qui est est à la fois philosophique et sociologique, est avant tout le projet d’imposer la raison comme norme transcendantale à la société.

- Une famille de mon village: 30/30. Mariage de Youssef et Loubna

En apprenant l'assassinat de Hadj Abdallah, toute la population villageoise est triste. Les gens du village, famille, amis, autorités locales et autres, disent que le défunt était un grand bienfaiteur, il était très généreux. Tout le monde l'aimait. C'est une grande perte qui ne sera jamais récompensée, non pas seulement pour les villageois mais aussi pour l'avenir du village où l'activité touristique s'est réduite avec le terrorisme.

Toute la famille Hadj Abdallah est en deuil. Elle vient d'être bouleversée par la perte d'un être cher. Elle passe successivement par trois phases : choc, dépression et adaptation. Elle n'a pas cru la nouvelle de l'assassinat.

A l'annonce de ce décès, Lalla Fatima a été l'objet de paroles étouffées et de surgissement de cris de douleur et n'a cessé de pleurer en compagnie d'autres femmes. Puis, elle a traversé une phase de déni de la nouvelle, un refus absolu d'y croire. Des troubles affectifs se manifestent également chez elle, avec une perte de l'attention et de la concentration. En tant que croyante, elle n'a pas cessé de prier pour celui qu'elle a tant aimé.

Par contre, les autres membres de la famille étaient occupés par la préparation avec soin de la cérémonie religieuse permettant d'entamer le travail de deuil. Ils ont installé de grandes tentes dans le jardin de la villa pour y accueillir les gens qui présentent les condoléances. Ils ont chargé un traiteur pour faire nourrir ceux qui témoignent de regrets et de sympathie devant cette grande douleur. De même la famille a décidé de fermer pendant trois jours l'usine de textile et les boutiques de tissus.

Deux jours après l'assassinat du défunt, les autorités locales ont délivré à la famille Hadj Abdallah le cadavre renfermé dans une grande caisse en bois. Le docteur du village a averti la famille que la toilette du défunt s'est déjà faite avec grande pudeur.

Avant le coucher du soleil, la famille a procédé à son inhumation au cimetière des martyrs du village. Le cortège comprenait une centaine de personnes. En plus des membres de la famille, ont participé à cette cérémonie ses amis, les autorités locales, des membres de son parti politique, des parlementaires et d'autres personnes inconnues.

L'enterrement a été présidé par le responsable de la mosquée centrale du village, appelé par les croyants musulmans l'imam et les proches de la famille. Tout le monde récite le Coran. Enfin le cadavre est enterré de telle manière que son regard porte vers La Mecque.

Trois jours après l'enterrement, tout le monde s'en va, il ne reste dans la villa que Lalla Fatima, Loubna, Youssef et Aïcha, l'amie de la vie. Les quatre ont décidé de vivre ensemble leur reste de vie, ils ont juré de ne jamais se séparer. Loubna et Youssef commencèrent à appeler les deux mémères "maman", on dirait qu'ils sont des jumeaux, nés d'un même accouchement, mais ils sont autorisés à s'aimer.

Cent jours se sont écoulés depuis la mort de Hadj Abdallah. Ses membres héritiers de sa famille ont partagé à l'amiable et selon la loi musulmane l'ensemble de l'héritage. En s'associant, Loubna et sa mère Lalla Fatima ont eu la part du lion, ils ont hérité l'usine.

Pendant l'été de cette année, un mariage symbolique a uni les deux amoureux Youssef et Loubna. La famille n'a pas voulu célébrer un grand mariage par tristesse à cause de ce qui s'est passé au printemps. Elle n'a invité, à cette cérémonie, que les proches parents.

- Une famille de mon village: 29/30. Hadj Abdallah assassiné


Immédiatement après quelques minutes de cet attentat-suicide, une commission d’enquête, conduite par un représentant du ministère de l'intérieur, a été mise sur pied pour devoir enquêter sur l’attentat et recueillir les détails de ce fait terroriste.

D'abord, elle est allée visiter le théâtre des opérations, où les membres de la commission ont décelé des indicateurs pertinents pouvant clarifier les résultats de l'enquête et permettant d'obtenir une vue d'ensemble de la situation.

Ensuite, elle a procédé à une cinquantaine d’entrevues avec des personnes soient blessées, suspectes ou étaient sur les lieux du drame au moment du déclenchement de l'opération meurtrière.

Il est à noter que lors de ce jour, le porte-parole du ministère de l'intérieur a déclaré que la police du pays a arrêté un jeune homme barbu soupçonné d'avoir fait partie de ce complot qui visait à tuer le maximum de citoyens innocents. Ce kamikaze, âgé de 22 ans, a expliqué qu'il est membre d'un groupe de cinq porteurs de bombes chargés de tuer les passants dans les rues.

D'autre part, en rentrant tard chez lui, ce même jour, Hadj Abdallah, tout peureux, s'adressa à Lalla Fatima, après l'avoir salué, et lui dit:

- Dis-moi, as-tu vu les informations d'aujourd'hui à la télévision?
- Non, j'étais un peu occupée cette journée à la cuisine. Mais pourquoi cette question? Répondit-elle
- Oh, c'est affreux et douloureux, ce qui s'est passé à la capitale économique du pays, répliqua-t-il
- Je n'ai rien compris, dis-moi ce qui s'est passé, demanda-t-elle
- Un attentat-suicide a eu lieu au centre de la capitale économique et a laissé derrière lui des morts et des blessés, répondit-il
- Oh, les criminels n'ont pas de pitié envers les innocents, rétorqua-t-elle
- Oui, tu as raison. Bon, prépare-nous un verre de thé, c'est le moment idéal de le boire, ordonna-t-il

Après avoir bu du thé chaud à la menthe fraîche, Hadj Abdallah demanda à Lalla Fatima de lui préparer sa valise en lui annonçant qu'il voyagerait, de bonne heure le lendemain, à la capitale économique. Puis il alla se coucher tôt.

A vrai dire, ce déplacement effectué par Hadj Abdallah n'était point un voyage d'affaires. Il s'agit exactement d'une invitation de la part du vieil Hindou à La Nonna, un restaurant italien très connu par sa spécialité en pizza dont l'art tient dans l'audace de modifier la pâte, de varier les sauces tomate et d'imaginer une garniture originale.

Juste en arrivant devant ce fameux restaurant, un tueur à gages, tenant un pistolet à la main gauche, l'orienta vers Hadj Abdallah et tira avec violence formelle plusieurs balles sur sa tête en lui disant voilà le cadeau que tu mérites. Puis il monta dans une voiture conduite par une autre personne et les deux s'enfuirent vers une direction inconnue. Quant à Hadj Abdallah, il tomba par terre et succomba de mort très rapide.

La mort subite de Hadj Abdallah resta une énigme éternelle et incompréhensible, elle présenta une grande difficulté pour sa non résolution. Plusieurs versions diversifiées sont référencées comme hypothèses:

- Il a été liquidé par la maffia pour qu'il n'y aurait plus de traces sur les manoeuvres de cette organisation clandestine dans le pays.
- La DST a su ses liens avec l'attentat-suicide et l'a tué pour qu'il n'y aurait pas de répercussions négatives sur le pays selon le plan politique surtout c'était un ex-parlementaire .
- Il a été assassiné par des adversaires concurrentiels parce qu'il monopolise le marché du textile
- Peut-être qu'i il a été abattu par l'un des kamikazes
- Peut-être, aussi qu'il a été massacré par un membre de sa proche famille pour une question de vengeance.


Tout ce qu'on pourrait dire pour le moment est que Hadj Abdallah a quitté ce monde sans qu'il sache que Youssef n'est pas son fils biologique et que Loubna est sa vraie fille. Cette vérité est connue par tous ses proches, Lalla Fatima, Loubna, Youssef, Aïcha et ses autres six filles. Il est le seul qui ignore cette réalité frappante. Personne n'a eu l'audace d'oser l'affronter et de lui révéler ce grand secret avec toute bravoure.

- Une famille de mon village: 28/30. Attentat-suicide à la capitale économique


Comme il a été convenu, nos amis, les dix jeunes, sont arrivés en Hollande par avion. A leur arrivée, Ils ont été accueillis à l'aéroport international d'Amsterdam par un représentant de l'Institution van der Velde. Ce dernier les a amené à l'internat de cette école de tissage.

A cette école, ils ont rencontré un vieux barbu qui les a incité à faire leur devoir de prière. Après la prière, le vieux barbu leur a proféré un discours religieux se rapportant sur des idées de la patience en Islam.

C'est ainsi, que chaque soir, après la dernière prière de la journée en cours, les jeunes reçoivent quotidiennement des cours sur les méthodes efficaces de s'approcher de Dieu, de l'histoire des martyrs dans l'Islam, sur la temporalité limitée de la vie terrestre, sur les grands ennemis de l'Islam, comment les combattre et d'autres idées visant à les mettre dans le bain du terrorisme sans que les jeunes s'en rendent compte.

Une année après, les dix jeunes sont convaincus par les discours du vieux barbu. Eux aussi sont devenus des barbus. Ils sont prêts à mourir pour la cause islamique et pour l'Islam. La direction de la maffia a retenu à Amsterdam les cinq brillants, de cette promotion, en théorie pour professer la théorie criminelle à de nouveaux futurs kamikazes. Quant aux autres cinq jeunes, ils étaient envoyés comme de la marchandise à des camps d'entraînement à Afghanistan pour se transformer en bombes humaines. Une fois bien entraînés, les kamikazes retournent à leur pays d'origine pour mourir et tuer des innocents en faveur de la maffia.

D'autre part, par un beau jour du printemps, la télévision de la première chaîne nationale du pays vient d'annoncer:

"Quatre personnes ont été tuées et plus de vingt autres blessées dont sept sont dans une situation grave suite à un attentat-suicide à la capitale économique. Il s'agit d'un attentat-suicide meurtrier commis par un kamikaze au centre de la ville. Pour le moment, cet acte criminel est attribué par les autorités locales à la branche maghrébine d'Al-Qaïda".

Cet attentat-suicide a suscité l'ire de la population envers le gouvernement. On commença à sentir que l'Etat est faible, il est incapable de garantir la sécurité au peuple. Les gens simples disent que la politique gouvernementale laisse à désirer. Le pays n'a pas l'homme convenable à la place convenable. C'est l'anarchie totale qui règne. Les parlementaires ne sont pas élus à partir des urnes selon un vote démocratique et responsable. Les membres du gouvernement sont désignés sur mesure. Les responsables sont nommés à partir de manipulation se basant sur des rapports du clientélisme.

Tout ce panorama de politique générale aboutit à la décadence en creusant un profond fossé entre les pauvres et riches. Les pauvres s'appauvrissent de plus en plus, leur pouvoir d'achat deviendra négatif, leurs enfants, même diplômés de diplômes pointus, ne trouvent plus de travail, leur sort est le chômage permanent. Par contre les riches suivent un chemin de la ruée vers la richesse prohibitive, leurs enfants détiennent d'une main ferme toutes les responsabilités du pays, on les croise soit au secteur privé soit au secteur public.

Hadj Abdallah fait partie de la catégorie riche. En dépit de sa médiocre formation, il reste un élément qui fait tout et qui est partout. Ses proches n'ont pas le moindre souci d'argent, ils sont tous riches, ils mènent une vie très paisible. Et pourtant, ce parlementaire contribue à l'alimentation du pays en terrorisme. N'est-ce pas légitime d'avouer que c'est lui qui a recruté ces kamikazes qui ont reçu une formation terroriste en Afghanistan et qui ont semé la panique au sein des pauvres en s'explosant au milieu de la foule.


dimanche 3 février 2008

- Une famille de mon village: 27/30. Recrutement de futurs kamikazes


Avant de regagner son village, Hadj Abdallah est allé voir le vieil hindou dans sa boutique pour lui dire au revoir. Ce dernier lui a remis une enveloppe cachetée et fermée contenant une petite note confidentielle émanant de la Hollande.

Tout seul dans sa chambre à l'hôtel Palace, Hadj Abdallah a ouvert l'enveloppe et a lu la note confidentielle. Puis il la déchira et la brûla pour ne pas laisser de traces et il jeta les cendres dans les toilettes. Il s'agit d'une note, signée par Adriano, maffioso d'origine du sud italien, installé à Amsterdam et chargé du suivi des opérations maffieuses en Afrique. Elle contenait une série d'instructions maffieuses strictes invitant Hadj Abdallah à les appliquer méticuleusement en secret.

La note confidentielle n'était qu'un programme échelonné sur trois actions terroristes essentielles:

D'abord, il s'agit de recrutement de futurs kamikazes dont l'âge oscille entre 18 et 24 ans et qui sont issus de familles misérables marginalisées. Hadj Abdallah doit les aider à recevoir une formation de lavage de cerveau en Afghanistan. Ces jeunes vont servir pour la maffia comme des bombes humaines prêtes à se faire sauter au milieu des foules en cas de besoin.

Ensuite, la terreur et la peur seront semées au sein de la grande majorité de la population. L'Etat avec son gouvernement s'affaibliront et céderont aux demandes extérieures sur le plan politico-économique, le social deviendra très fragile et c'est l'anarchie qui caractérise toute la société.

Enfin, la maffia entre en action et envahit la société et fait son jeu de commercialisation de la drogue sous ses différentes catégories provenant de l'Amérique Latine et de vente clandestine des armes fabriquées par des usines dépendant des maffias des pays de l'Est de l'Europe.

Vers seize heures de l'après-midi, Hadj Abdallah est arrivé au village après avoir quitté la capitale économique aux environs de midi. Il a rendu visite à toutes ces boutiques, c'est une routine de contrôle et d'inspection qu'il faisait toujours chaque fois qu'il voyage. Puis, il est allé voir Youssef à son bureau à l'usine de textile avec qui il a eu une conversation sur le fonctionnement de l'usine pendant son absence. Enfin, il est rentré à sa villa où Lalla Fatima l'attendait avec impatience, on dirait que c'est une vieille amoureuse qui pensait à sa jeunesse.

Après quelques minutes de son arrivée à la villa, Il a pris une douche tiède et a demandé à Lalla Fatima de lui préparer du thé avec de la menthe. En buvant son verre thé chaud, il lui a raconté comment il a séjourné à la capitale économique. Lalla Fatima, l’interrompit en lui disant qu’elle a suivi la séance parlementaire relative à la lutte contre la drogue et a vu son intervention qui était formidable selon son avis.

A dix-neuf heures, Hadj Abdallah sortit de la villa et alla à la mosquée pour faire la dernière prière de la journée en groupe. Il contacta, son ami, le responsable de la mosquée et lui demanda de lui indiquer des personnes du village parmi les franges les plus pauvres ou les moins éduquées, il en a besoin de cette main-d'œuvre pour les recruter en tant qu’ouvriers à son usine. Ils doivent avoir des caractéristiques psychologiques qui répondent strictement aux sentiments d’infériorité, d’humiliation et d’injustice.

Une semaine s'est écoulée, le responsable de la mosquée contacta par téléphone Hadj Abdallah pour le mettre au courant qu'il a une liste d'une dizaine de jeunes répondant positivement aux particularités exigées et sollicitant un travail à l'usine. Ce dernier a demandé à ce que ces personnes doivent se présenter le lendemain à son usine se munissant des pièces justificatives de leur identité accompagnées d'une demande d'emploi.

De bonne heure le lendemain, de jeunes garçons au nombre de quarante cinq, à la file, tenant à leur main, gauche ou droite, des enveloppes, se sont rassemblés devant l'entrée principale de l'usine du textile, ils attendaient l'arrivée de Hadj Abdallah. L'agent de sécurité leur a dit que le patron arrivera d'une minute à une autre, il ne tardera pas à venir. Il a reçu des instructions pour les mettre en ordre, l'un derrière l'autre. Ces jeunes ont l'allure d'être des campagnards qui ont émigré leurs patelins et qui souffrent de la pauvreté.

A neuf heures, Hadj Abdallah est apparu dans sa Mercedes conduite par son chauffeur personnel. Aussitôt arrivé, il a ordonné à Loubna de vérifier leurs papiers et d’en choisir parmi eux les dix meilleurs selon des critères arrêtés par lui-même. A la fin de la journée Loubna présenta à son patron les dix garçons retenus. En plus, des caractéristiques exigées, ils donnent l'impression qu'ils parlent peu, ils ne sont pas bavards, on dirait qu'ils sont renfermés sur eux-mêmes.

Lors de cette réunion avec les nouveaux recrutés, Hadj Abdallah a prononcé un bref discours. Il leur a souhaité la bienvenue et il leur a demandé d'être armés en sérieux comme ils doivent écouter attentivement leurs chefs immédiats dans l'exercice de leur fonction. De même, il leur a mis au courant qu'ils feront l'objet d'un voyage à l'étranger en vue de se former en métier du tissage moderne pendant une durée de deux ans. Il leur a promis que les frais de leur transport et de leur séjour seront à la charge de l'administration de l'usine. Enfin il leur a accordé un congé de trois jours pour prendre les dispositions nécessaires afin de se préparer à ce stage.

Avec les interventions de Hadj Abdallah, dix passeports ont été falsifiés avec de faux noms ainsi que les visas ont été établis en un temps record, deux jours seulement ont suffi pour cette opération. La destination des stagiaires sera d'abord la Hollande. Ensuite, on procédera à une sélection très minutieuse et on choisira cinq candidats pour les virer à Afghanistan. Dans ce malheureux pays, ces jeunes seront soumis à une formation terroriste poussée dans des camps montagnards d'entraînement situés entre les frontières d'Afghanistan et du Pakistan. Ces futurs kamikazes recevront une double formation, théorique de lavage de cerveau et pratique pour servir comme des bombes humaines.

Le recrutement de futurs kamikazes est fait sur la base d'un Islam expressément erroné. Un Islam imaginé et ficelé par de grands théoriciens terroristes qui ont de sérieux problèmes avec leur Etat sur le plan politico-religieux. On essaie d'approcher ces jeunes victimes, de la pauvreté et de l'ignorance, de la mort et de les adapter à mourir en tuant des innocents. On leur dit que la meilleure chose dans cette vie terrestre est de mourir jeune en martyr. La maffia utilise ces bombes humaines à des fins commerciales et criminelles, elle s'en fiche des considérations religieuses ou politiques.

vendredi 1 février 2008

- Une famille de mon village: 26/30. Projet de loi relatif à la lutte contre la drogue au parlement

Pour Hadj Abdallah, c'est le troisième jour de séjour à la capitale économique du pays. Ce jour là, Il est constamment occupé. Pendant le matin, il va prendre part à la séance plénière du comité de la sécurité relevant du parlement. Il interviendra devant les députés, au cours de l'après-midi, lors de la discussion du projet de loi relatif à la lutte contre la drogue au parlement.

D'autre part, n'oublions pas que la veille, Hadj Abdallah a veillé une soirée en compagnie du vieux hindou au restaurent de l'hôtel Palace, hôtel de renommée mondiale avec la qualité de ses services. Il est connu par son personnel multilingue. De même au premier étage de sa résidence, un bar est disponible pour rafraîchir les visiteurs et les désaltérer en leur offrant des boissons alcooliques, des jus de fruit et des sodas.

Pour les clients, on a mis à leur disposition des cabanes de sauna où ces derniers profitent pleinement de leurs moments de détente. Quelle que soit la durée de séjour de l'hébergé, il n'aura pas besoin de sortir, tout dont il a besoin est mis à sa disposition. Il y a la laverie, le service de baby-sitting en supplément, les cartes wifi pour l'Internet, le parking, la piscine chaude, les animaux sont acceptés et d'autres services.

Au cours de leur discussion, les deux hommes ont mis l'accent sur deux points essentiels, sur l'organisation maffieuse de la drogue et de sa distribution en Europe Occidentale via l'Afrique du Nord et sur l'armement clandestin destiné à quelques pays africains en guerre sur le sol de la République Démocratique du Congo.

Le vieil hindou a expliqué à Hadj Abdallah la façon dont la maffia opère au sein de l'Afrique. Il a même donné les grandes lignes du prochain programme maffieux, élaboré à un haut niveau à Genève, qui sera lancé incessamment dans ce vaste continent. Il a ajouté que les supérieurs de l'organisation comptent beaucoup sur le dynamisme de Hadj Abdallah et de sa participation au programme fixé par les ténors de la maffia.

En résumé, le vieil hindou a fait un petit discours où il a souligné les méthodes de travail de la maffia. Cette organisation commence par prospecter le terrain où ses opérations ultérieures auront lieu. En fonction des résultats obtenus, elle emploie l'une des méthodes étudiées d'avance à partir de modèles préétablis par des spécialistes.

Pour le cas de l'Afrique du Nord, où la religion islamique est dominante et la démocratie est absente et altérée, la maffia utilise des personnes politico-religieux à tendance islamiste en vue de créer une atmosphère instable et perturbée. Dans ce cadre général, L'Afrique du Nord est devenue un paradis des narcotrafiquants. C'est la principale plaque tournante pour le trafic de cocaïne entre l'Amérique latine et l'Europe. On peut dire la même chose pour l'Afrique de l'Ouest qui joue le même rôle en ce qui concerne le trafic des armes.

Cet entretien d'échanges d'informations maffieuses s'est déroulé la veille. Pour, ce jour, Hadj Abdallah devra jouer le rôle d'un caméléon qui change de teinte à chaque endroit. Il devrait se comporter en une personne versatile, qui change facilement d'opinion. La veille, il était avec le trafic de la drogue, aujourd'hui il doit soutenir et défendre le projet de loi relatif à la lutte contre la drogue au parlement.

Toutefois, c'est exactement ce qui s'est passé. Pendant la matinée Hadj Abdallah a pris part à la séance plénière dudit comité de la sécurité où le ministre de l'intérieur était aussi présent avec quelques membres de son cabinet. Au cours de l'après-midi, la parole a été donnée à Hadj Abdallah à la chambre des représentants pour présenter le point de vue de l'équipe de son parti politique.

En prenant la parole, Hadj Abdallah a mis l'accent sur la positivité du projet de loi relatif à la lutte contre la drogue et a invité tous les membres du parlement à voter réellement pour cette loi. Il a ajouté que la consommation de la drogue au pays présente un grand danger pour son progrès et son développement. Le commerce de la drogue est en croissance constante d'après le constat d'un certain nombre d’indicateurs dictés par le ministère de l'intérieur, à savoir:

- La hausse du nombre des interpellations en 2007 atteint un niveau record (2014 interpellations).
- L’âge moyen de l’usager est en baisse depuis plusieurs années (29 ans en 2007).
- Cette évolution se traduit par la présence massive des 21-25 ans (1635 interpellations). Par ailleurs, 70 % des interpellations (1 975) pour usage de cocaïne concernent les usagers de 21 à 35 ans.
- Le nombre d’étudiants et de lycéens concernés augmentent chaque année : 2 095 en 2005, 4 101 en 2006 et 9 713 en 2007.
- Les usagers "sans profession" sont les plus nombreux 35 % du total.
- L’usage est masculin à 90 %.

Enfin, Il faisait presque vingt deux heures lorsque le parlement a voté positivement pour cette loi antidrogue. Hadj Abdallah, fatigué, a quitté les lieux du parlement en direction de l'Hôtel Palace pour en profiter d'une calme relaxation.

jeudi 31 janvier 2008

- Une famille de mon village: 25/30. Rapprochement entre mère et fille


Le lendemain, vers l’aube Hadj Abdallah invita son chauffeur à le conduire dans sa Mercedes-Benz Classe CLS CLS 320 en direction de la capitale économique. Son agenda comporte deux programmes essentiels. Il va rendre visite au vieux hindou et il participera à une séance parlementaire relative à la discussion sur un projet de loi concernant la drogue.

Lalla Fatima, l’a quitté en lui souhaitant un bon voyage et un bon séjour à la capitale économique du pays. Puis, elle s’est retournée à son lit pour se rendormir. Elle sent mal car les sommeils d’après l’éveil la fatiguent.

Par contre Aïcha et Loubna ont fait, toutes les deux, la grasse matinée puisque rien ne les dérange avec ce samedi, jour de repos. Elles se sont réveillées tard, dans les environs de dix heures du matin, au moment du jour montant. Elles ont pris leur petit déjeuner après l’avoir préparé ensemble.

Pendant ce repas matinal, Aïcha ouvrit la parole en s’adressant à Loubna :

- Loubna, il est temps de provoquer un rapprochement entre mère et fille
- Maman, de quoi parles-tu ? Je n’ai rien compris ! S’interrogea Loubna
- Ecoute ma fille, je vais te révéler un secret que je gardasse depuis longtemps et qui datait depuis plus d’un quart de siècle. Ce secret m’est devenu pesant et pénible à retenir moralement à travers les années qui se succèdent précipitamment, souffla Aïcha d'un air triste
- C'est celui dont tu voulais me parler hier soir, n'est-ce pas? Demanda Loubna
- Oui, exactement, répondit Aïcha
- Dis-le moi, j'ai hâte de l'entendre, expliqua Loubna

Alors, Aïcha commença à pleurer à chaudes larmes dont les gouttes brûlantes coulèrent sur ses deux joues comme des perles de pluie. On dirait qu'elle est sous l'effet d'un affaiblissement à la fois physique et moral. Puis elle raconta toute l'histoire à Loubna, depuis l'échange des bébés jusqu'à maintenant. Elle a exposé tous les détails, complets et avec soin minutieux, sans rien oublier.

Loubna l'a entendu très attentivement en faisant preuve d'un incroyable sang-froid. Avec son raisonnement logique, elle est parvenue à découvrir qu’il y a eu un ancien problème imposé avec de graves conséquences dont il faut immédiatement réduire les dégâts afin d’éviter toute panique chez Aïcha et Lalla Fatima. Elle semble convaincue de la nécessité d'une résolution rapide de ce perplexe embarras.

Malgré l'emploi de la rationalité objective et du réalisme dépeignant la réalité telle qu'elle est dans l'analyse de cette situation désemparée, elle a pleuré à son tour. Elle n'a pas supporté de voir, en face d'elle, sa maman adoptive avec des yeux rougeâtres et gonflés. Il est à noter qu'Aïcha et Loubna sont inséparables, elles sont l'une près de l'autre. En plus de la parenté, une vive amitié les lie aussi profondément.

Soudain, Loubna intervint et rassura Aïcha qu'incessamment elle réfléchisse sérieusement à une solution mettant fin à ce tourment cauchemar. En tant qu'intellectuelle et spécialiste en ressources humaines et s'y connait en psychologie sociale, elle convaincra son père Hadj Abdallah à accepter les choses telles qu'elles sont. Il devra admettre comme vrai, réel et légitime cette nouvelle donne de la réalité.

Avec un grand courage et une fermeté solide, Loubna se déplaça à la vaste villa de sa vraie famille et se mit en contact avec Lalla Fatima et lui adressa la parole:


- Pourquoi n'as-tu pas l'audace de déclarer en plein public que je suis ta propre fille à qui tu as donné naissance depuis plus d'un quart de siècle?

Devant ce fait accompli, Lalla Fatima resta pendant quelques minutes perplexe et embarrassée face à cette situation critique. Puis elle commença à pleurer à haute voix.

Sur ce triste spectacle, Loubna l'embrassa fort en la prenant dans ses bras et en la serrant contre sa poitrine. Elle lui dit:

- Ça suffit maman, ne pleure plus, nous devrions fêter ce grand jour, c'est le jour de rapprochement entre mère et fille.
- J'ai participé avec d'autres personnes à commettre une grande faute impardonnable. Franchement, j'ai ma part de la culpabilité et j'avoue que je suis coupable. Excuse-moi mon ange, c'est la peur de la polygamie ou du divorce qui m'ont empêché à te déclarer comme ma vraie fille, répondit Lalla Fatima en reniflant.

samedi 19 janvier 2008

- Une famille de mon village: 24/30. La révélation du secret


Après ce moment agréable et historique d'échanges d'idées et de discussion sincère, Loubna est rentrée chez elle. Elle a été interrogée par Aïcha sur le sujet de sa rencontre avec Youssef:

- Ma puce, comment as-tu passé cet après-midi?
- Non, maman ce n'est pas tout l'après-midi, c'est juste deux heures, répondit Loubna
- Peu importe le temps écoulé, ce qui m'intéresse c'est le sujet de votre conversation, répliqua Aïcha
- On a mis l'accent sur l'Achoura et c'était pour moi une occasion pour découvrir d'autres qualités chez Youssef, expliqua Loubna
- Ah oui, c'est un garçon très éduqué et instruit, je le considère comme l'un de mes fils, énonça Aïcha
- Pourquoi maman, me poses-tu ces questions, J'ai l'habitude que tu es du genre qui parle peu, s'exprima Loubna
- J'ai une confidence intime et fracassante à te dévoiler. Mais je vois que ce n'est pas encore le moment opportun pour la révélation du secret, répondit Aïcha d'un air sérieux
- Dis-le-moi s'il te plaît, supplia Loubna
-Je vais te le dire mais pas maintenant, pour l'instant prépare-toi, tu sais bien qu'on va dîner ce soir chez la famille Hadj Abdallah, répliqua Aïcha d'un air ferme

Après quelques minutes de cette brève discussion, Aïcha et Loubna quittèrent leur logement en direction de la résidence de la famille Hadj Abdallah en apportant avec elles une chocolatine amandine légèrement humide.

Une fois arrivées à l'entrée de la grande porte de la villa de la famille Hadj Abdallah, Aïcha et Loubna ont été accueillies par Lalla Fatima qui les embrassait bien fort. Aussitôt, Aïcha lui remet le paquet qui contenait le gâteau en souriant et lui dit en souriant:

- Le prophète accepte le cadeau, donc accepte ce modeste et délicieux gâteau
- D'abord soyez les bienvenues et ensuite pourquoi avez-vous fait ça, nous avons dans la cuisine tant de gâteaux à manger,disait Lalla Fatima
- Ecoute ma chère, on n'est pas venu pour bien manger mais pour passer un bon moment avec vous à l'occasion de cette fête religieuse, répliqua Aïcha

A vrai dire, Aïcha n'a pas menti. Elle n'est pas venue spécialement pour partager le repas et veiller cette nuit d'Achoura en compagnie de la famille Hadj Abdallah. Elle avait un autre objectif visant à discuter avec Lalla Fatima sur le conflit Youssef-Loubna. Ce litige a duré plus d'un quart de siècle et n'a pas eu d'issue ou de solution valable satisfaisant les deux femmes.

Puis, les trois femmes gagnèrent le salon traditionnel de la villa. Là, les deux convives ont été saluées chaleureusement successivement par Hadj Abdallah et Youssef qui étaient en train de voir un film religieux télévisé émis par la chaîne de la télévision nationale. Soudain, Hadj Abdallah disait que c'est l'heure du repas et ordonna à ce qu'on soit servi dans ce somptueux salon.

Le repas était un grand plat simple de couscous au poulet avec des pois chiches, des raisins secs et des oignons, en parfum sucré-salé et aux senteurs épicées. Mais, d'un autre point de vue, il était délicieux et agréable au goût, c'était vraiment un couscous généreux pour un bon repas savoureux et convivial.

D'autre part, ce fameux dîner de soir, partagé entre les deux familles, porte des valeurs sociales communes : l’hospitalité, la méticulosité, la convivialité, le raffinement et l’équilibre. La cuisine marocaine traditionnelle est connue comme l'une des plus luxueuses au monde, elle postule au consommateur la présence de ses sens de l'odorat, de la vue et du goût.

D'une manière générale, ses plats cuisinés ont un pouvoir magique de séduction gastronomique. Les spécialistes disent que cette cuisine est née à partir de la diversité des paysages et des modes de vie qui existe entre les tribus nomades ou sédentaires et les habitants des villes.

Après le couscous, on a présenté successivement du thé chaud aux odeurs contrastées de la menthe fraîche et de la viande grillée au feu du charbon de bois. Cette recette a surpris et régalé les deux convives. Il faut savoir que la gastronomie marocaine comporte quatre stades. Elle est en premier lieu une affaire de vue: on regarde un plat, puis d'odorat: on le sent, après vint le toucher et enfin on déguste. Ainsi, la cuisine marocaine s'impose comme une invitation aux sens.

Enfin, pour clôturer ce fameux dîner du soir, on a servi consécutivement aux invitées, en plus d'un délicieux gâteau au chocolat décoré de chantilly vaporeuse, opposant le brun et le blanc, un grand plat contenant une diversité de fruits secs tels que les figues, les raisins secs, les amandes, les noix, les cacahouètes.

Vers vingt deux heures, Hadj Abdallah s'est retiré du groupe, pour aller se coucher, sous prétexte qu'il devrait dormir tôt. Il s'est excusé, en annonçant, aux personnes présentes qu'aux environs de l'aube, il serait obligé d'effectuer un voyage à la capitale économique.

Ensuite, vint le tour de Lalla Fatima et Aïcha, qui se sont installées, presque en cachette, dans une autre chambre pour ouvrir un débat important. Il s'agit de résoudre un problème historique pour lequel, les deux femmes doivent se mettre d'accord. Donc une solution, urgente et adéquate, est impérative et doit arranger les deux femmes et les libérer de leurs soucis.

Quant à Youssef et Loubna, ils restèrent seuls dans le salon, tête à tête, en face de l'écran plat du téléviseur. Ils semblent que les deux enfants, suivirent une soirée en directe émise par la télévision de la principale chaîne nationale. Mais, la réalité est une autre chose.

Une force surnaturelle les rapproche sans qu'ils se rendent compte. Elle crée chez eux un début d'un environnement nuageux mais presque amoureux, les aidant à savourer avec plaisir la chaleur de leur flamme. Ils sont en train de perdre le contrôle sous un choc émotionnel.

A vrai dire, Youssef et Loubna sont soumis à la fois à une douleur agréable et triste justifiée, à un heureux bonheur plein de joie et satisfaction et à un amour violent sensationnel produisant une impression de surprise, d'intérêt et d'admiration. Il suffit justement que les déclarations d'amour soient concrètes et mises en évidence. On pourrait dire que ces jeunes sont sous l'effet d'un coup de foudre qui a surgi brusquement.

Dans cette atmosphère générale, le temps passe vite, même très vite. Il es déjà minuit. On a l'impression qu'on est dans monde tissé de tableaux de différents aspects.

Hadj Abdallah, victime de ronflement d'une sonorité sourde et prolongée, dort profondément, il est sous l'effet d'une variété de cauchemars angoissants affectés par ses multiples fonctions pénibles. Il est à la fois président directeur général d'une usine de textile, parlementaire au niveau national, dirigeant politique au niveau local, membre actif de la mafia internationale et grande personnalité charismatique au sein de la grande famille. Ses multiples affaires deviennent assez complexes et ennuyeuses, il est dépassé, il ne s'en sort plus. Toutes ces situations ont impact négatif sur sa vie personnelle et en particulier sur son repos perturbé par le manque de temps libre.

Les deux enfants ont quitté la terre de la réalité sourde pour voler dans le ciel de l'amour angélique, là où le blocage se réduit et la liberté est presque totale. Ils s'avouent vaincus devant la puissance du colossal amour. Ils ont parlé de beaucoup de choses, futiles et de valeur. Ils ont découvert qu'ils ont les mêmes passions et les mêmes horizons. Ils ont conclu que l'un est fait pour l'autre. De même ils ont juré de conserver leur amour sain et sauf.

Les deux femmes, après de longues discussions, sont sur le point de conclure un marché bilatéral faisant fin à leur unique conflit pesant de long terme. C'est Aïcha, avec son courage mérité, qui a ouvert la première la discussion sur le sort des deux enfants. Elle a avoué à Lalla Mina qu'elle a l'impression que Youssef et Loubna commencèrent à s'aimer mutuellement.

De même elle a ajouté qu'il est le moment idéal de mettre les choses sur les rails et de dire la vérité au sujet des deux enfants. Cette position a mis Lalla Fatima dans un état de peur car cette vérité menace fortement son foyer qui pourrait être détruit facilement. Il suffit que Hadj Abdallah sache cette vérité et c'est la ruine totale et définitive de sa vie sociale.

En fin de compte, les deux femmes ont abouti à une solution. Aïcha, dans un premier stade, révélera le secret à Loubna et l'invitera à mettre Youssef au courant. Par contre, Lalla Fatima, se chargera, dans un deuxième stade, de dire toute la vérité à Hadj Abdallah quelles que soient les conséquences probables.

Sur cet accord conclu entre les deux femmes, Aïcha et Loubna ont quitté tard la spacieuse villa et ont regagné leur résidence vers une heure du matin. Malgré qu'il fasse pleine nuit, ils croisèrent, sur leur chemin, des enfants en train de sauter sur de la paille mise en feu. Les gens du village appellent ce rite traditionnel, accompagnant l'Achoura, la "Chaâla".

jeudi 17 janvier 2008

- Une famille de mon village: 23/30. L'Achoura fêtée au village




C'est vendredi, la majorité des villageois fête l'Achoura. A cette fête se sont marcottées des traditions telles que la visite des cimetières, la distribution des friandises et de nombreuses pratiques à caractère carnavalesque : feux rituels, aspersion d’eau des passants, etc... Cette manifestation revêt une signification spirituelle et sociale indéniable.

C’est aussi un jour de distribution des jouets aux enfants et de bienfaisance envers les pauvres, les démunis et les familles qui en manquent de ressources suffisantes sur le plan socio-économique. Les aisés et les riches aident ces catégories misérables de la population villageoise pour leur créer la joie et la satisfaction absentes depuis des mois.

La veille de ce jour, Hadj Abdallah a remis des sommes importantes d'argent dans des enveloppes aux gens pauvres de sa proche famille. En Islam, cette opération est appelée la zakat. C'est une obligation pour tous les musulmans qui en ont les moyens. En effet, elle est le troisième pilier de l'Islam et en plus c'est un acte visant à purifier les biens légaux que l'on a acquis pendant l'année en cours.

Vers huit heures du matin de ce fameux jour férié, Hadj Abdallah a pris le petit-déjeuner en compagnie de Lalla Fatima et de Youssef. Puis, ce dernier a conduit dans sa voiture les deux parents vers le cimetière où est enterrée Lalla Mina. Cette visite est devenue un fait routinier qui doit être célébré annuellement par la famille pendant cette période d'Achoura.

Une fois, nos trois amis, sont arrivés au cimetière des martyrs, ils rencontrèrent Aïcha et Loubna, qui à leur tour, viennent aussi pour rendre visite au défunt Driss. Après les salutations, tout le monde s'est dirigé d'abord au tombeau de Lalla Mina et ensuite à celui de Driss. Ils ont lu à basse voix quelques versets du Coran et ont prié Dieu pour qu'il reçoive ses morts dans ses vastes paradis parmi les prophètes et les croyants.

Pendant cette cérémonie coutumière, Youssef et Loubna ont profité, presque en cachette, pour ouvrir un dialogue sur la portée de ces rites dans un temps moderne. Ils ont échangé quelques brèves idées mais ils ont fixé un rendez-vous le soir vers dix sept heures pour développer et approfondir leur discussion.

Il est onze heures du matin quand nos visiteurs ont quitté le cimetière, chaque famille en direction de sa résidence. Pendant, le trajet du retour, Hadj Abdallah a ordonné à Lalla Fatima de leur préparer du couscous pour le repas de midi. Cette dernière, lui a suggéré de le préparer pendant la soirée et d'inviter Aïcha et Loubna pour y partager avec eux cette nourriture traditionnelle. Le monsieur n'a pas vu d'objection et a donné son accord en disant que c'est une bonne idée.

Comme il a été convenu, Youssef et Loubna étaient à l'heure fixée auparavant au rendez-vous sur la terrasse de l'Ostréa, restaurant chaleureux manifestant de l'enthousiasme passionnant , aux larges baies vitrées donnant sur la lagune. Par son calme et la qualité de son service, il est devenu d’emblée l'espace le plus préféré des habitants du village, surtout l'emplacement est séduisant. L'action de s'asseoir sur une table et de consommer un jus de fruit frais fait partie des plaisirs qu’il faut s’offrir pendant cette rencontre.

Après avoir pris place sur une table libre en face de la mer bleue, l'un face à l'autre, les deux amis ont commandé des jus de fruits panachés. Automatiquement, ils ont ouvert le débat sur la question de la fête de l'Achoura et sur ses quelques traditions positives ou négatives. Ils ont parlé de tout et de rien dans la plus grande liberté. Dans une bonne ambiance, leur discussion était à la fois amusante et riche en idées.

En fin de compte, ils étaient, tous deux, d'accord sur la célébration de cette fête mais d'un point de vue socio-religieux: l'Achoura doit être perçue comme la fête de partage et de charité, d'assistance des plus démunis et de dons d'habits et de jouets aux enfants. Il est à noter que ces initiatives sociales renforcent les liens sociaux entre les riches et les pauvres et créent un climat d'entente sociale entre les individus appartenant à une même société ce qui génère une impulsion positive du progrès de la société dans sa totalité .

Cependant, on doit éviter d'une part l'acte résiduel de rendre visite à des morts et de les pleurer et d'autre part l'anarchie du lendemain de l'Achoura où des enfants trottent dans les rues pour asperger les passants avec de l'eau appelée "Zem-Zem" et en jetant sur leurs petits amis des oeufs frais, ce qui provoque souvent chez eux des disputes très vives ou d'échanges de mots violents amenant quelquefois à des querelles sanglantes.

Le temps d'entretien a passé si vite sans que nos deux amis se rendent compte. C'est déjà l'approche du crépuscule, le soleil tend à se coucher et la nuit est sur le point de tomber, c'est l'espace de quelques minutes. Toutes les couleurs naturelles viennent lentement saluer ce grand moment de la journée, on dirait qu'elles font de la prière quotidienne. Donc, pour Youssef et Loubna, dont l'apparence donne l'impression qu'ils sont amoureux, il est temps de se quitter et de se dire mutuellement au revoir car ils vont dîner ensemble ce soir à la résidence de la famille Hadj Abdallah. Précisément, c'est ce qui s'est passé.

mercredi 16 janvier 2008

- Une famille de mon village: 22/30. Rendez-vous à l'hôtel Sultana





Très fatigué par une nuit blanche, le vieil hindou a senti qu'il est incapable de regagner la ville économique. Attiré par cette belle station balnéaire, il a préféré de passer la nuit à l'hôtel Sultana: un cinq étoiles, pour se distraire et se dépayser.

La Sultana est une sirène qui provoque une confusion chez le visiteur, il ne pourrait plus savoir s'il est en rêve ou en réalité. Elle est implantée sur la côte atlantique, là où océan et côte se mêlent et parfois se confondent, au cœur d’une lagune protégée par deux langues de terre. Elle dispose d’une plage privée. Son royaume est un provocateur de l'imagination, il représente un monde de la nature et de l’évasion.

Aussitôt avoir réservé une suite, le vieux hindou fut dans une ambiance luxueuse et élégance sophistiquée avec une vue panoramique sur la lagune. Lit king size, coin salon, cheminée, terrasse fleurie avec jacuzzi à l’eau de mer, climatisation réversible, TV satellite avec écran plasma, lecteur DVD/CD audio, téléphone, accès internet, mini-bar non alcoolisé gracieux, coffre fort, salle de bain en marbre avec douche et baignoire, sèche cheveux..... On dirait que c'est un paradis terrestre pour les grandes personnalités.

Après avoir rempli une fiche de formalités routinières qu'il a remis à la réception de l'hôtel, l'hindou téléphona à Hadj Abdallah et le prit de le rejoindre à l'hôtel Sultana. Ce dernier lui a promis de regagner le petit paradis dans quelques minutes.

Juste la distance du trajet en une demi-heure et voilà Hadj Abdallah face à face avec l'hindou, tous les deux assis sur deux fauteuils en cuir dans le bar de la Sultana. L'hindou appela le garçon du bar et lui commanda une bouteille ancienne du whisky Jack Daniel's en lui disant que la bouteille soit ancienne, collectionnée et d'une série limitée.

Le garçon exécuta les ordres de l'hindou et déposa sur la table d'abord deux verres en cristal et ensuite une bouteille d'une forme carrée et portant un label noir . Puis l'hindou s'adressa à Hadj Abdallah en lui disant: " Cette bouteille est mise à ton honneur, je voudrais bien faire partager avec toi ce moment d'exception, on est là dans un cadre prestigieux. Gôuter cet apéritif pour en apprécier les qualités, ouvrir et stimuler l'appétit".

- Merci mon ami, ce geste d'hospitalité est un grand honneur pour moi, tu es d'une rare générosité. Mais n'oublie pas que tu es à mon village et c'est toi qui devrait être mon hôte d'honneur et pas moi. Ceci dit, donc pas question, c'est moi seul qui se chargerai de la facture de ton séjour et de tous les autres frais de ton déplacement à mon village, riposta Hadj Abdallah.

- Je suis entièrement d'accord avec toi, mais pas cette fois-ci parce que j'ai réglé tout. L'essentiel est de te rencontrer et d'approfondir nos liens d'amitié, répondit l'hindou

Alors Hadj Abdallah commença à lui parler d'un air commercial de l'hôtel Sultana:

- Sultana est créée en 1994, c'est un hôtel de luxe français géré par un ami de nationalité espagnole. Cet hôtel représente le meilleur en ce qui concerne l'offre hôtelière dans la région. Cet hôtel a bénéficié du savoir-faire des plus grands architectes internationaux, décorateurs de renommés, chefs les plus recherchés, etc. Pour les grands voyageurs, dans le cadre de séjours professionnels ou touristiques, l'hôtel Sultana propose et offre le meilleur service de qualité.

Le vieil hindou l'interrompit:

- Oui, tout ce que tu viens de dire est exact, Sultana est un petit paradis terrestre. Mais je voudrais bien que tu sois mon hôte à la capitale économique. Alors tu seras mon invité le samedi prochain, qu'est-ce que tu en dis?

- Merci pour l'invitation, mais je ne pourrais pas car le samedi prochain coïncidera avec la fête religieuse de l'Islam l'Achoura. D'après nos coutumes, le matin de ce jour là, nous irons au cimetière pour rendre visite à nos parents morts. Le soir, la tradition veut aussi que l’on offre des jouets aux enfants. Un rituel peut accompagner la fête : les familles se régalent d’un couscous au "gueddid": viande séchée de Aïd El Kébir. De même, les familles achètent des noix, des amandes et des dattes et font brûler de l’encens tout au long de leurs veillées.

- Mais je crois que cette coutume a, cependant, tendance à disparaître progressivement. A la capitale économique la plupart des parents se contente d’acheter des jouets à leurs enfants, répliqua l'hindou

Aprés l'appéritif, nos deux amis ont partagé un repas ayant un goût et une senteur de la cuisine marocaine, ils étaient servis en crustacés et poissons pour leur repas sous la musique andalouse composée par un jeune groupe dont les membres sont vêtus en djellaba en soie blanche.

A quinze heures, les deux mafieux se saluèrent et se quittèrent après avoir clôturé leur rencontre. Lors de cette entrevue, ils ont abordé plusieurs sujets d'ordre politique et commercial. Ils se sont abstenus à parler de la mafia. Hadj Abdallah a promis au vieil homme qu'il lui rendra visite dès que les conditions soient présentes et favorables.

samedi 12 janvier 2008

- Une famille de mon village: 21/30. Réunion de la commission ad hoc sur un navire de commerce



Hadj Abdallah, avec sa naïveté, ne savait pas que le vieux hindou, le commerçant du textile de la capitale économique, va se diriger, en compagnie de son équipage, avec la marchandise en direction d'un navire de commerce. Ce navire n'était que celui qui a jeté auparavant les huit caisses de drogue au fond de la mer.

Le navire en question n'était pas si loin de la côte maritime du village. Il était distant de dix lieues seulement. C'est un porte-conteneurs qui est spécialisé dans le transport de conteneurs destinés au stockage et au transport de substances ou de marchandises. Il contrôlait minutieusement le déroulement de l'opération tonnerre pilotée par Hadj Abdallah.

De grandes personnalités du monde mafieux étaient présentes sur ce navire. Il s'agit notamment d'un cadre supérieur, d'un psychologue, d'un tueur à gages et de l'équipage du navire composé de cinquante matelots avec leur capitaine.

Une fois que l'hindou a gagné le pont principal du navire, le cadre supérieur a provoqué une réunion ad hoc qui regroupait en plus de ces deux derniers, le psychologue, le tueur à gages et le capitaine du navire. L'ordre du jour est limité à l'analyse des événements de l'opération tonnerre.

La dite commission s'appelait: La commission mafieuse internationale d’études et de recherches de nouveaux marchés "CMIERNM". Sa réunion ad hoc a eu lieu dans une cabine, sise sur le pont de la réception du navire. Ladite cabine offre aux passagers le confort propice à leur agrément et à leur repos.

Tenant la pipe à la main gauche, le cadre supérieur, en tant que chef de la CMIERNM, ouvra la réunion en souhaitant la bienvenue à l'hindou et en donnant la parole au psychologue en lui demandant de dire ce qu'il pense de cette opération.

Le psychologue a pris automatiquement la parole en disant:

- D'après mes premières remarques psychologiques, je crois que Hadj Abdallah est apte pour représenter notre association dans ce bled. J'ai étudié sa manière d'agir, ses motivations, ses craintes, ses obsessions, ses phobies et d'autres paramètres psychologiques. Il s'est avéré qu'il représente les caractéristiques d'un homme courageux, respectueux, fidèle et loyal. En d'autre terme, son profil coïncide avec ce qu'on a ciblé pour le recrutement d'un représentant de notre solide organisation dans cette contrée. Donc, il est temps de l'engager définitivement et de lui donner une marge de liberté pour qu'il fasse convenablement son travail de mafieux dans des conditions normales. Soyons souples et faisons-lui confiance, au moins au niveau local de son pays.


- Sur le plan psychologique, je crois que nous nous disposions maintenant des éléments essentiels sur Hadj Abdallah. La parole est à l'hindou, interrompt le cadre supérieur.


- Au niveau commercial ou plutôt matériel, il est à noter que Hadj Abdallah est le type qui court derrière l'argent à tout prix mais il est prudent dans ses manoeuvres. Il ne pense qu'à avoir une fortune colossale. Donc ce penchant vers la ruée d'avoir énormément d'argent est un atout positif pour notre honorable organisation. C'est un signe positif garantissant à la fois notre extension et notre émergence dans ce bled. Nous devrions savoir qu'en peu de temps, Hadj Abdallah a pu réussir à instaurer un réseau basé sur les relations clientèles qu'elle soit commerciale ou politique. Enfin pour résumer, disons que cet agent pourra être promu à un grade supérieur pour passer du rôle local au rôle régional. On pourrait lui assumer une responsabilité sur toute l'Afrique. Le nombre d'agents mafieux de notre organisation sur l'Afrique est très réduit, nous avons besoin du personnel du calibre de Hadj Abdallah pour renforcer nos missions en ce gigantesque continent.

- Quel est ton point de vue sur le plan de sécurité dans cette opération tonnerre, demanda le chef de la CMIERNM en s'adressant au tueur à gages

- Comme vous le saviez, j'ai mis en oeuvre une démarche intelligente. Il s'agit de la mise en place d'une brigade qui suivait de près toutes les manoeuvres de l'opération tonnerre. D'après l'analyse du rapport de cette dernière, il se révèle indiscutablement que notre homme est un peu prudent, il ne voit pas bien des choses qui lui sont encore obscures. Malgré ses hommes de sécurité, il ne savait pas qu'il est suivi en permanence par une deuxième équipe de la DST, dont il n'a pas fait attention de sa présence. A ajouter que ladite équipe est composée de quatre personnes bien armée. Autrement dit, il lui en manque une légère formation en matière de prudence pour faire face aux erreurs et aux dangers possibles.

- La parole est maintenant au capitaine du navire, déclara le chef de la CMIERNM

- Cette zone ne représente pas de graves dangers, à savoir la côte, les récifs et les faibles fonds. D'autre part, pendant la navigation, le récepteur GPS a tenu compte de ces éléments, des distances de sécurité que l'on s'accorde, de la profondeur inscrite sur la carte et éventuellement du calcul de la marée et de la profondeur d'eau minimale de sécurité que l'on a souhaité conserver sous la quille en toutes circonstances. Donc la navigation est tout à fait normale.

- Merci messieurs pour vos interventions lors ce débat, riche en idées. Cependant, je vous informe qu'un rapport détaillé sur cette opération tonnerre sera remis, dans les plus brefs délais aux instances supérieures de notre organisation. Toutes vos suggestions et recommandations seront prises en compte. Et c'est l'état major de l'organisation qui en décidera du sort de Hadj Abdallah au vu de ce rapport. Je vous signale que la réunion est terminée, conclura le chef de CMIERNM.

Après cette brève réunion, le chef de la CMIERNM se met tête à tête avec le vieux hindou et l'informa que les huit caisses ne contenaient pas de la drogue, ils contenaient seulement un mélange de la farine et du sucre glacé. Il a ajouté que c'est un essai pour tester l'opération, l'orgnisation ne pourrait pas s'aventurer avec deux cent kilogrammes de la drogue.

A ce moment, l'hidou quitta le navire et se dirigea sur son zodiac vers la plage "Salama". Lors de son trajet, il ordonna à l'un de ses subordonnés qui l'accopagnent de jeter les huit caisses à la mer.

- Une famille de mon village: 20/30. Opération tonnerre



Juste après l'inauguration de l'usine du textile à double façade, la famille Hadj Abdallah a déménagé de son ancienne résidence à la spacieuse villa collée au gigantesque usine pour avoir une rupture avec un passé proche, le passé dont le meilleur souvenir gardé est Lalla Mina.

Cette nouvelle situation socio-économique a fait de Hadj Abdallah un grand milliardaire à l'échelon national, mais il visait d'autres horizons pour qu'il soit un richard international.

Toutes ses cinq filles sont devenues grandes et se sont mariées successivement à l'instar du mariage de Hasnae.

Ali vint d'avoir ses vingt cinq printemps, décrocha un diplôme en marketing d'une école privée étrangère et on lui a confié le poste de la direction du marketing de l'usine.

Loubna, de même âge qu'Ali, obtint un diplôme en sciences administratives et se chargea de la direction des ressources humaines de l'usine.

Lalla Fatima, fut proche de l'âge de cinquante ans et pour faire face à l'oisiveté, devint présidente d'une association de bienfaisance.
Le problème Ali-Loubna dura un quart de siècle et ne fut pas encore réglé entre Lalla Fatima et Aïcha.

Pour éclaircir les choses, il y a lieu de signaler que Hadj Abdallah, avant de construire l'usine a subi avec succès une série de formations condensées et rapides sous forme de stages et de séminaires en Thaïlande et en Colombie chez les grands patrons de la maffia de drogue.

Les thèmes étudiés se rapportent surtout à la gestion moderne d'une usine de textile, la démarche, outils et gestion de la qualité, les problèmes d'exportation et d'importation, les horizons de la communication avec les supérieurs gouvernementaux, l'art de négocier, les techniques des scaphandres, les grandes notions de la sécurité, le déchiffrement des lettres codées, l'utilisation des derniers cris d'armes automatiques lors d'une confrontation directe avec soit des bandes ou soit les autorités locales et d'autres sujets relatifs au métier d'un responsable local de la maffia de drogue.

Donc, dans ce cadre général, Hadj Abdallah a reçu secrètement cette formation continue et intense. Elle est secrète parce qu'il est en mission de voyage en Thaïlande ou Colombie via Paris, ses allers et ses retours sont top secrets. A Paris, il se déguise en une autre personne d'apparence thaïlandaise ou colombienne pour semer ailleurs les agents de la DST qui les suivent partout.

Par un beau jour d'été, Hadj Abdallah a reçu, via internet, un message expédié par un des patrons, siégé en Hollande. Après l'avoir déchiffré, il a su qu'on l'a prévenu à être prêt, le lundi aux environs de l'aube, pour piloter une mission appelée: "Opération tonnerre".

Cette opération consistera à ce que Hadj Abdallah recevra deux quintaux de drogue de haute qualité qu'il devrait délivrer d'urgence à une personne dont l'identité ne sera connue que deux heures avant le déclenchement de l'opération.

A deux heures du matin, un message crypté lui parvint via Internet. Après l'avoir décrypté, il a su l'identité de la personne à qui il doit délivré la marchandise: il s'agit d'un directeur de banque sise à la capitale économique.

D'autre part, la marchandise sera jetée, par un navire commercial, au fond de la mer à six lieues du village. Hadj Abdallah doit engager quatre scaphandriers pour retirer la dite marchandise du fond de la mer.

Tout ce travail aura lieu vers l'aube et automatiquement doit être transporté immédiatement à la capitale économique du pays à un moment où les gendarmes ne surveillent pas la route.


A trois heures du matin Hadj Abdallah a lu méticuleusement le rapport journalier qui lui a été fourni, la veille, par le chef de la brigade chargée de sa sécurité. Ce rapport ne soulève aucune observation. Donc, pour lui, les choses vont dans le bon sens et il a jugé que c'est le moment opportun de passer à l'action.


Puis Hadj Abdallah et quatre scaphandriers montèrent un bateau pneumatique, un zodiac, pourvu d'un moteur extérieur amovible, possédant un rapport poids/surface immergé exceptionnel, pouvant transporter des charges considérables. La nuit était d'une obscurité dense et craintive exprimant l'anxiété et la peur. Heureusement la mer était calme, l'humidité était de 44%, le vent était ONO/16 kms/h, la visibilité était de 9.99 kms, on dirait que l'intervention des vagues s'est abstenue pour ne pas y compliquer cette opération tonnerre.

Ils étaient suivis par un autre zodiac transportant quatre de ses agents de sécurité bien armés par des bazookas, sortes d'arme de type lance-roquettes utilisés durant la Seconde Guerre mondiale.

A l'aide d'un appareil électronique, les scaphandriers détectèrent le lieu exact où se trouvaient les caisses contenant la drogue et qui étaient jetées auparavant au fond de la mer par un bateau de marchandise provenant de Santa Marta de la Colombie.

La profondeur était importante, elle est de cinquante mètres. Pour cette raison les quatre scaphandriers ont utilisé la plongée bulle, le principe consiste à se doter d'une alimentation, en gaz du scaphandrier, effectuée depuis la surface à l'aide d'un narghilé, ce qui permet de ne pas limiter la durée de plongée. Cette plongée permet de réaliser les paliers dans des conditions plus aisées.

Après quelques minutes de travail sérieux et pénible, les quatre scaphandriers ont réussi à faire monter à la surface de l'eau huit caisses en bois, imprégnées d'une matière plastique de protection.

Chacune de ces caisses contient vingt cinq kilogrammes de pure drogue. La valeur financière de cette marchandise est environ l'équivalent de dix millions d'Euros.


Après cette action maritime rapide, nos hommes se sont dirigés avec leur marchanise vers une plage sauvage lointaine au nord du village nommée "Salama".

Pendant le trajet vers la côte et en pleine mer, Hadj Abdallah a reçu, par le bias de son portable Nokia N95, un SMS contenant le message suivant:
"Félicitations! Opération tonnerre bien réussie. Ordre de délivrer la marchandise au zodiac qui vous attend sur la plage "Salama". Stop!"


En arrivant sur la côte de la plage "Salama", il a aperçu un zodiac en pleine mer. Il s'est dirigé vers ledit zodiac pour être en face du vieux hindou, le commerçant du textile, qui a lui délivré l'argent nécessaire pour la construction de l'usine du textile. Il l'a connu, il l'a salué et il a exécuté les ordres en lui délivrant les huit caisses de la drogue. L'hindou a expliqué à Hadj Abdallah que c'est pour des raisons purement sécuritaires que ces mesures ont été prises à la dernière minute.


Enfin Hadj Abdallah et ses huit hommes, tous satisfaits, sont revenus au village après une nuit blanche pleine d'aventures et d'angoisses.

- Une famille de mon village: 19/30. La construction d'une usine de textile


La visite officielle d'amitié et de courtoisie avec quelques pays de l'Asie du Sud-Est est achevée. Les députés, qui ont fait partie de la délégation du pays pendant cette visite ont replié leurs bagages et ont pris le premier vol qui va assurer leur voyage à leur pays. Par contre, Hadj Abdallah a prolongé encore son séjour pour une durée de trois jours, le motif fut officiellement personnel dit-on.

Mais en réalité, Hadj Abdallah fut l'hôte d'honneur de l'un des chefs de la maffia de la drogue. Pendant leurs discussions, tête à tête, à l'exception de la présence de trois personnes, deux gardes du corps pour la sécurité bourrés d'armes automatiques et d'un traducteur qui est présent seulement pour la traduction, le chef de la maffia a proposé à Hadj Abdallah de pencher la réflexion sur la construction d'une usine de textile, dans son village et au bord de la mer.

Cette usine aura un double rôle, en plus de l'industrie textile, qui n'est qu'un leurre, jouera le rôle d'un dépôt de stockage de drogue, ainsi on dissimule derrière l'entreprise "façade", le textile, un business beaucoup plus trouble, la drogue, c'est ce qu'on appelle l'économie parallèle qui permet d'écouler et de blanchir l'argent sale.

Le chef de la maffia a mis l'accent sur la procédure de l'acquisition d'un terrain nu en banlieue du village, sur le plan des gros oeuvres, sur la finition et sur l'équipement matériel. Quant, au financement de ce grand projet, le chef de la maffia a rassuré Hadj Abdallah en lui disant:

" Ne t'en fais pas pour l'argent d'investissement de ce projet, tout arrivera en son temps opportun. Le principal c'est de réfléchir d'abord en idées pour passer ensuite au projet, et je voudrais bien que tout soit assujetti aux normes, aux règles et lois juridiques de votre pays. Sois vigilant et ne fais aucune gaffe, la moindre erreur sauta tout notre projet et notre loi interne stipule que chaque erreur commise sois payée chère et c'est toi seul qui payera la facture totale des dégâts, donc sois prudent dans toutes tes actions qui doivent être méticuleusement contrôlées par toi-même. Moi, je t'ai ressourcé en orientations générales, à toi de te débrouiller pour analyser et étudier les détails".

Après ces strictes instructions, Hadj Abdallah quitta la résidence balnéaire du chef maffieux et se dirigea vers son hôtel pour replier ses bagages et réserver une place de retour au premier vol d'avion du lendemain qui le conduira à son pays. Comme Hadj Abdallah était un peu malin, il a remarqué la présence, sur le même vol de retour, d'une nana qu'il a vu déjà dans une boîte de nuit, malgré qu'elle a changé son maquillage et sa perruque. Alors, il s'est dit que les choses sont sérieuses, cette nana contrôle mes actions et mes mouvements, je dois prendre toutes mes précautions.

Une fois arrivé à son pays, il contacta d'abord un détective privé pour le charger d'étudier cette situation de poursuite en permanence et lui demanda de mener une enquête à son profit. Après, une semaine, le détective privé lui présenta un rapport complet sur les six personnes qui le suivent, il lui a montré même leurs photos.

Il s'agit des agents secrets de la DST et c'est une chose normale pratiquée par la quasi-totalité des Etats et gouvernements du globe. Au vu de ce résultat de l'étude du détective privé, Hadj Abdallah a eu peur et sur le champ a recruté dix personnes qui seront chargés de sa sécurité et leur a demandé de lui fournir un rapport journalier sur tout ce qui se passe autour de lui.

Ensuite, il contacta le commerçant de textile que le chef maffieux lui a indiqué. C'est un vieil Hindou, qui a l'apparence d'être strict et sérieux et dont sa boutique est sise sur le meilleur boulevard de la capitale économique. Ce dernier lui a rassuré qu'il est chargé de lui délivrer l'argent nécessaire non pas seulement pour l'achat d'un terrain, mais aussi pour la construction de l'usine du textile avec l'achat de tout le matériel indispensable pour que le projet fonctionne dans les meilleures conditions.

Avec l'assistance de grandes personnalités occupant des postes clés dans la hiérarchie gouvernementale, et sous prétexte de lutter contre le chômage et sous l'étiquette de l'intérêt général du pays, Hadj Abdallah a réussi facilement à acquérir, avec l'argent sale, vingt hectares de terrain nu au banlieue de son village.

Juridiquement, le dit terrain faisait partie du domaine public, mais on a utilisé une procédure juridique pour le rendre une propriété privée appartenant à Hadj Abdallah. La procédure juridique consistait à transformer d'abord le terrain nu du domaine public au domaine privé de l'Etat, et ensuite, dans le cadre de la privatisation, on a vendu le terrain au riche Hadj Abdallah. Dans son dossier d'acquisition du terrain nu et pour appuyer sa demande, Hadj Abdallah a utilisé des procédés argumentatifs qui lui ont été dictés par un bureau d'études étranger.

Les choses se sont succédées et réalisées avec la grande vitesse, l'achat du terrain nu en face de la mer par Hadj Abdallah, l'aménagement de l'usine de textile par une société allemande avec la construction d'une grande villa pour le patron Hadj Abdallah, l'installation du matériel de production et des machines provenant de Thaïlande et le recrutement d'un personnel passionné et soucieux de donner une meilleure image de marque de l'entreprise.

Une petite fête a marqué l'inauguration de ce fameux projet à double face a été organisée à l'honneur des autorités locales, des membres de la famille, des ingénieurs qui ont suivi toutes les opérations de construction et d'installation et du personnel nouvellement recruté.

vendredi 11 janvier 2008

- Une famille de mon village: 18/30. Le dérapage




Hadj Abdallah a été profondément touché par la disparition subite de Lalla Mina. La mort de sa mère a laissé chez lui un grand chagrin et des douleurs d'ordre psychologique. Malgré sa richesse et son pouvoir politique, il se sent isolé, surtout au sein de son ménage, sa compagne de discussion est déjà partie, il ne lui resta que le silence absolu. Même Lalla Fatima, ne lui adressa la parole que rarement, sauf pour des questions purement relatives à la gestion du foyer.

Mais, il commença à avoir un penchant vers le politique au détriment de son foyer. Ses déplacements vers la capitale administrative du pays se multiplient. Il participe souvent aux débats nationaux au niveau du parlement, comme il assiste aux grandes réunions du comité exécutif du PLP dont le siège se situe à la capitale économique du pays. Malgré sa participation, il n'a rien appris en politique, les intellectuels du village disent qu'il ferait partie du parlement rien que pour applaudir ou pour s'assoupir pendant les discours


Ces nombreux déplacements lui ont permis d'avoir une grande ouverture vers les autres, surtout les députés de son genre qui sont, en général, des analphabètes mais qui sont des villageois très riches, qui ont beaucoup d'argent et qui sont loin de l'intellectualisme et qui n'ont pas une optique claire sur la politique générale qu'elle soit internationale, nationale ou régionale.



Donc, dans ce climat général caractérisé, d'une part par son absence répétée du foyer avec réduction de responsabilité en tant que chef de ménage et d'autre part par ses nouveaux liens avec de faux politiciens, Hadj Abdallah voyagea constamment à des pays étrangers comme membre du parlement, en particulier à ceux de l'Amérique Latine et de l'Asie du Sud-est.


Au lieu de s'intéresser à la vraie vie politique et de chercher l'intérêt général de son pays qui est sous-développé, Hadj Abdallah fit l'objet de dérapages difficilement rattrapables en fréquentant des boîtes de nuit et des lieux de distraction d'ordre sexuel et de drogue pointue. Ces fréquentations lui ont permis de nouer des relations très étroites avec des maffias de la drogue qui l'ont encouragé à devenir membre de leur regroupement international.


Une visite officielle d'amitié et de courtoisie avec quelques pays de l'Asie du Sud-Est a été organisée par le parlement du pays. Hadj Abdallah faisait partie de la délégation chargée de cette visite. Là, une personne maffieuse l'a rencontré et lui a donné une adresse sise à son pays, l'adresse d'un commerçant de textile, et lui a ordonné de lui rendre visite dès son retour en lui donnant un mot de passe pour qu'il puisse communiquer facilement avec le commerçant en question. Il lui a assuré qu'il aura affaire à de grandes personnalités non uniquement faisant partie de la chambre du parlement mais aussi de hautes personnalités du gouvernement qui sont des membres actifs de ces maffias de drogue.


Hadj Abdallah, ne savait pas qu'il a été poursuivi, depuis son départ de l'aéroport de son pays, par des agents secrets de la Direction de la Sécurité du Territoire (DST). Ces agents secrets formaient une équipe de six personnes, trois garçons et trois filles. Ils travaillaient en permanence et ne l'ont pas quitté une seconde des yeux. Ils se déguisaient en commerçants, étudiants, touristes et toutes sortes de rôle qui ne laisse aucune trace de doute.

- Une famille de mon village: 17/30. Le décès de Lalla Mina




A l'occasion de son ascension à la chambre des députés, Hadj Abdallah a offert aux sympathisants du PLP un grand dîner où même les membres de sa grande famille ont marqué leur présence. C'était un dîner historique avec sa gastronomie purement traditionnelle, le méchoui, la bastilla, et avec le groupe des chikhats, chanteuses traditionnelles qui ont présenté de beaux tableaux musicaux. Cette cérémonie politique a occasionné une fatigue inssuportable à sa mère Lalla Mina et elle tomba gravement malade.

Sur décision et par ordre de son fils, Hadj Abdallah, député du village, on l'a emmené à la clinique du village pour être hospitalisée. Elle a été soumise à des soins intensifs et à de multiples analyses médicales, sur quoi les médecins ont affirmé secrètement à Hadj Abdallah que la fin de sa mère est proche et que ses jours sont comptés aux doigts, il n' ya plus d'espoir sur sa vie, c'est la question d'âge qui est mise en cause, elle s'approche de quatre-vingt ans révolus. Donc, il ne reste devant Hadj Abdallah que de procéder aux préparatifs des cérémonies du deuil projeté et dicté par les médecins de la clinique.

Après avoir beaucoup pleuré de la future séparation qui aura bientôt lieu, une séparation avec une mère qui représente l'un des grands piliers de la famille, Hadj Abdallah commença les préparatifs du prochain deuil.

Quant à Lalla Mina, elle ne mange plus et fait l'objet de plusieurs crises successives, ses forces s'affaiblissent au fil des jours. Elle commença à demander à son fils d'inviter les membres de sa famille pour leur dire adieu, ainsi que ses amies.

A vrai dire, la clinique a été perturbée par le grand nombre de personnes qui rendent visite à Lalla Mina pour les adieux. Pour cela, le Directeur, médecin en chef de la clinique a suggéré à Hadj Abdallah d'emmener sa mère à l'appartement familial en le convainquant que la mort aura lieu dans trois jours et qu'il est souhaitable qu'elle meure dans l'affection entre les membres de sa petite famille plutôt qu'elle meure solitaire à la clinique. Hadj Abdallah a bien compris le message du médecin en chef et a emmené sa mère à la maison familiale.

Trois jours après, et vers l'aube et c'était un vendredi, Lalla Mina a quitté ce monde vers un voyage que personne ne connaisse la destination, Dieu seul la sait. Elle a lancé son dernier souffle sur la poitrine de Lalla Fatima dont les larmes coulent à flots sur ces joues rouges.

C'était un moment de séparation horrible, tout le monde dort sauf Hadj Abdallah qui pleure aussi comme un enfant orphelin et bien sûr Lalla Fatima qui est restée le long de la journée du jeudi à côté de sa belle-mère avec laquelle elle a passé toute sa jeunesse. Pour elle, Lalla Mina représente un livre d'histoire qui raconte, sans mensonge, tous les souvenirs de la famille.

Pendant la journée, la cérémonie des funérailles a eu lieu. Le cortège se dirigea vers la cimetière des martyrs, cimetière appelée ainsi, mais réservée aux riches et aux grandes personnalités éteintes.

Parmi les présents, figuraient quelques parlemantaires, le chef de la brigade de la gendarmerie, des représentants du ministère de l'intérieur, les grands commerçants, des membres du PLP et les membres de la famille.

C'est ainsi que Lalla Mina fut enterrée en laissant derrière elle un fils cinquantenaire qui regroupe les deux pouvoirs, le commercial et le politique.

- Une famille de mon village: 16/30. La campagne électorale




En Présence de Karim et de quelques membres du comité exécutif du Parti de la Liberté Politique (PLP), le local de la section de ce parti de droite fut inauguré. Hadj Abdallah a été élu à l'unanimité secrétaire général de la section. Il y avait ce jour là, beaucoup de monde, des membres de la famille de Hadj Abdallah, ses amis et quelques militants du parti.

Pendant la soirée, un dîner fut offert par Hadj Abdallah à tous les participants à cette inauguration. Karim encouragea le secrétaire général de la section en lui disant que la politique n'est pas réservée seulement aux professionnels de la politique ou aux politiciens formatés et ajouta qu'avec du dynamisme et de la concentration et du militantisme politique Hadj Abdallah pourrait bien diriger la section.

Après trois mois d'ouverture de la section du village du PLP, les adhésions sont devenues nombreuses, et le nombre de militants s'accroît rapidement pour devenir des dizaines. Hadj Abdallah voyage souvent à la capitale économique pour participer à des formations continues politiques au siège du PLP. Il a appris des principes sur le libéralisme, sur l'idéologie, sur la démocratie, sur l'élaboration des programmes régionaux et d'autres choses d'ordre politique. En plus de cette formation politique, il a suivi des cours de communication dans une école privée.

En plus du monde commercial, Hadj Abdallah est entré par la grande porte au monde politique. Ses discours idéologiques sont devenus convaincantes, sa maison s'est transformée en un lieu de débats politiques, elle regroupe chaque semaine toutes les tendances politiques du village. Il commença à lire le journal de son parti et les journaux des partis de l'opposition.

On est au début du mois de septembre, lorsque le gouvernement a lancé l'opération de la campagne électorale à laquelle tous les partis du pays se confrontent pour une durée de quinze jours. Au village, la section du PLP avait déjà achevé ses préparatifs relatifs à ce grand évènement politique. Hadj Abdallah a fait plus que le nécessaire, il s'est présenté aux élections législatives comme candidat du parti PLP au village.

Pour cela, il a établi un programme utopique qui n'est d'autre que la copie des programmes des autres partis, c'est l'entête qui a changé, il a imprimé les tracts qui vont être distribués aux habitants du village, Il a prévu, selon un programme rigoureux, une série de visites avec les habitants dans divers quartiers du village et l'organisation de quelques meetings, déplacements et déclarations, il a loué des voitures légères qui vont parcourir, jour et nuit, les différentes rues du village, il a même lié d'étroites relations intimes avec les autorités locales.

Sa femme et Aïcha sont chargées par lui de multiplier les contacts avec les femmes du village et en particulier avec celles qui ont beaucoup de relations, leurs rôles se limitent à inciter ces femmes à voter en faveur du PLP le jour du suffrage national.

Dans sa campagne électorale, Hadj Abdallah s'est abstenu à utiliser des méthodes de travail moderne, au contraire il s'est appuyé sur des méthodes archaïques. Lors de ses réunions avec les habitants du village, il a égorgé des boeufs et des moutons pour les nourrir et, à la fin de chaque réunion, il leur a demandé de lire la Fatiha à haute voix en leur disant que cette sourate les engage à voter pour lui le jour du scrutin.

Il a été généreux pendant la campagne électorale et a offert de l'argent à la quasi-totalité des habitants. Pour les chômeurs, il leur a promis de les faire travailler dans des postes honorables qui leur assureront une stabilité sociale. Il a affirmé aux étudiants qu'ils seront dotés de bourses pour poursuivre leurs études à l'étranger et leur a dit que la nation a besoin d'eux et de leurs diplômes pour en occuper des postes clés.

Effectivement, Hadj Abdallah a gagné le pari devant ses concurrents des autres partis adversaires et a été élu, presque à l'unanimité selon le suffrage du jour du scrutin, parlementaire et membre de la chambre des députés.

C'est ainsi qu'il a associé le commercial au politique, mais un malheur survient et laisse planter chez lui un grand chagrin que les jours n'arrivent jamais à l'effacer.

- Une famille de mon village: 15/30. L'adhésion de Hadj Abdallah à un parti politique de droite




Karim, oncle de Hassan et parlementaire, invita Hadj Abdallah et lui demanda de lui rendre visite d'urgence à son domicile sis dans la grande ville, capitale économique du pays. Ce dernier le rassura que pendant le moment où il va se ravitailler en tissus, il répondra positivement à son invitation.

Effectivement, quinze jours après la cérémonie du mariage, Hadj Abdallah est parti à la capitale économique pour récupérer sa valise d'argent gardée chez la gendarmerie et profita de ce séjour pour rendre visite à Karim. Ce dernier réside dans une villa spacieuse dotée d'un vaste jardin et d'une petite piscine dans un quartier résidentiel de la ville.

En arrivant à la villa, Hadj Abdallah était chaleureusement accueilli par Karim et sa femme qui, en souriant, lui ont souhaité la bienvenue, l'invitèrent à prendre place sur un fauteuil dans un salon de type européen et lui servirent un jus d'orange sucré.

Puis les deux hommes commencèrent à discuter. Ils n'étaient pas sur les mêmes ondes, l'un parlait du commerce, l'autre discutait de la politique. Mais, quand même, ils avaient un point commun, c'est la crise économique dans le pays. Ils étaient d'accord que c'est une crise externe imposée par la mondialisation et par le nouvel ordre économique.

Soudain, Hadj Abdallah questionna Karim sur la prochaine campagne électorale:
- Les partis nationaux se préparent-ils pour mener à bien la prochaine campagne électorale ?
- Concernant notre pays, le cadre électoral va tenir compte prochainement des élections démocratiques, mais des étapes additionnelles devraient être prises avant les prochaines élections pour assurer le respect des normes internationales, répondit Karim
- Mais crois-tu qu' avec la mentalité politique actuelle des gens, ces étapes vont se réaliser, demanda Hadj Abdallah
- Non, je ne pense pas, car nos citoyens ne sont pas encore mûrs politiquement et par conséquent le système électoral ne subira aucun changement. D'ailleurs, il y a des rumeurs qui affirment que la carte électorale est déjà définie par le Ministère de l'Intérieur , répliqua Karim
- Comment ça, je n'ai pas compris, demanda Hadj Abdallah
- On dit qu'un bureau d'études international, qui travaille pour le compte du Ministère de l'Intérieur, a mis en oeuvre un logiciel qui permet de projeter plusieurs scénarios de la carte électorale définitive selon les directives de l'Etat. Et sur ladite carte sont partagés les sièges des parlementaires entre les différents partis, chaque parti aura un nombre de sièges selon ses relations clientèles avec l'Etat , expliqua Karim
- Et quelle est la position de ces partis vis à vis de cette carte électorale fictive ? Demanda Hadj Abdallah
- Les partis politiques sont d'accord avec l'Etat sur cette répartition, si tu veux ils font parties du jeu électoral, répondit Karim
Puis Hadj Abdallah a demandé la permission de Karim pour partir, seulement ce dernier a juré à ce que Hadj Abdallah sera son hôte cette nuit et pourra quitter le lendemain.

Pendant le dîner, Karim a suggéré à Hadj Abdallah l'idée d'adhérer à son parti de droite. Il lui a expliqué qu'il a tous les atouts positifs d'être un grand dirigeant de la future section du parti de son village.

Et il ajouté qu'avec une petite formation en matière de politique, il pourrait accéder à l'un des deux postes, soit le maire du village, soit un parlementaire pendant la nouvelle campagne électorale qui aura lieu dans trois mois.

- Que tu sois parlementaire, c'est la voie royale pour être membre de l'élite de ce pays, tu auras une carte blanche de faire n'importe quoi, personne ne te contrôlera, ton argent sera en sécurité, tu ouvriras l'accès à d'autres sources de la richesse. Donc, adhères à mon parti et tu mèneras une vie d'un pacha, expliqua Karim
- D'accord, considères-moi dès maintenant, un membre actif de ton glorieux parti, je militerai jour et nuit pour que la droite détienne la majorité des postes du parlement et accède par la suite au pouvoir gouvernemental du pays, répliqua Hadj Abdallah
- Demain soir, notre parti organisera un meeting dans une grande salle de cinéma au centre de la ville et je voudrais bien que tu assistes pour te présenter aux membres du bureau national, demanda Karim
- Je n'ai aucun problème à y assister, répondit Hadj Abdallah

Le lendemain soir, les deux hommes se dirigèrent au cinéma Palace pour participer à cette réunion publique organisée par le Parti de la Liberté Politique (PLP) pour être informé des nouvelles actualités politiques et discuter la question politique sur les prochaines élections. A cette occasion, Hadj Abdallah fut présenté par Karim aux membres du comité exécutif du PLP. Il a été chargé par ce comité de créer d'urgence une section du PLP à son village.

Après la clôture des travaux du meeting, Hadj Abdallah salua Karim et lui promit que les frais de la location du local de la section du PLP au village seront à sa charge. Puis il se dirigea vers son village.